International, Politique et Social

Le cas Le Pen.

Nous publions le communiqué de l’Après et un extrait d’un article de Presse-toi à gauche sur les réactions de la gauche au verdict.

Avant de lire ces documents, j’aimerais insister sur un point qui me semble capital alors que les commentateurs se sont repliés sur les conséquences purement nationales du verdict qui condamne l’initiatrice du système de détournement de fonds européens et ,en l’état, lui interdit de se re-re-représenter à l’élection présidentielle.

La salle d’audience du Tribunal de Paris est devenue l’espace d’un soir le lieu de l’affrontement entre l’internationale post-fasciste, ultra-réactionnaire et les tenants de l’Etat de droit, de la séparation des pouvoirs et de la démocratie.

Dans un élan orwellien, Orban, Trump jr, Musk, Poutine, Trump senior, Salvini sont intervenus pour soutenir la condamnée au nom de la « démocratie ». Des premiers ministres , des chefs d’Etats, des ministres sont intervenus directement dans les affaires d’un pays souverain. C’est le signe évident que le monde a changé, que les règles internationales sont bafouées et que l’offensive « néo-fasciste » n’est pas une vue de l’esprit .

Quels sont les arguments de ces messieurs (Giorgia Meloni s’est fait représenter)?

La démocratie n’est pas respectée comme en Roumanie. C’était l’argument du VP Vance devant les chefs d’Etats européens. Les élections roumaines ont été invalidées justement par la Cour suprême roumaine après de fortes manifestations car le candidat arrivé en tête, inconnu, n’a fait campagne que sur les réseaux sociaux et bénéficiait de l’aide du Kremlin. Pour Vance, Trump et les autres il s’agit là de la démocratie. Un plébiscite contre toutes les règles du droit.

Ce sont les règles de l’Etat de droit qui sont attaquées, la séparation des pouvoirs qui est bafouée. Un.e condamné.e (Trump avant Le Pen) doit pouvoir se présenter aux suffrages des électeurs, bénéficier d’aides plus ou moins occultes (Roumanie). Seul le résultat électoral (plus ou moins vérifié) compte. Un plébiscite comme un coup de force.

Heureusement, des hommes et des femmes politiques soutenus par les forces démocratiques et progressistes résistent encore à cet assaut réactionnaire. Mais, dans l’exécutif qui devrait pourtant se tenir à l’écart du judiciaire, certains sont « troublés » et d’autres recherchent des recours possibles (le ministre de la justice en personne).

Le ver est dans le fruit.

Certains, qui se présentaient à gauche il y a peu, reprennent le discours de la primauté du plébiscite sur le Droit.

La pomme est pourrie.

Le cas Marine Le Pen est emblématique du combat de la force brute contre la civilisation régulée. La démagogie peut piégée bien des citoyens, à juste titre, dégoutés des politiques menées par nos gouvernants successifs. Mais l’argument du nombre, des sondages, ne doit jamais prévaloir sur l’Etat de droit. C’est l’obscurantisme contre les Lumières. Comme révolutionnaires et démocrates nous ne pouvons pas déserter aujourd’hui.

Michel Lanson

La décision de justice concernant Marine Le Pen, d’autres élus et dirigeants du RN est logique d’un point de vue judiciaire et de la gravité des faits reprochés : détournement de fonds publics à hauteur de 4 millions d’euros dans le cadre d’un système de financement de son parti politique ayant duré plusieurs années.

D’après le tribunal, ce détournement a permis indirectement aux dirigeants du RN d’assurer leur train de vie personnel, et constitue un contournement des règles de financement des partis politiques et donc un détournement démocratique.

La décision de justice n’exprime aucun acharnement. C’est l’application de la loi.

Elle n’empêche en rien le RN de défendre ses propositions et de se présenter aux prochaines élections.

En République, la justice doit être la même pour toutes et tous. Elle ne peut être rendue différemment selon le statut politique des citoyens, le mandat qu’on occupe ou celui pour lequel on postule.

Il ne peut exister d’immunité politique. La participation à l’élection présidentielle ne confère aucun privilège.

La 6e République que nous appelons de nos vœux devra être celle de l’honnêteté et du respect de l’éthique.

Publié par L’APRÈS le 31 mars 2025

Ni Trump, ni Le Pen ne sont au dessus des lois.

Extrait d’un article de « Presse-toi gauche »

« …..Selon un sondage, 57% des Français (es) jugent cette décision normale au vu des faits reprochés. La Gauche a rappelé à ce titre la souveraineté de la Justice. Pour le Député socialiste, Emmanuel Grégoire, l’institution n’a fait qu’appliquer la loi : « Il y a un principe de séparation des pouvoirs. Les Juges sont formés (es) pour porter un jugement et à aucun moment on ne peut s’exonérer du respect de la Loi sous prétexte de légitimité démocratique. Ça n’existe pas ! » Puis son collègue Jérôme Guedj de préciser : «  Le problème démocratique, ça a commencé par un détournement de Fonds publics et le non-respect d’une Loi ». Dans la même trajectoire, Alexis Corbière, Député écologiste et social, pointe : «  Je rappelle que le RN est une force politique qui se fait connaître dans tous les débats pour que la Loi soit sévère. La Loi est appliquée et s’appliquera à tous et toutes ».
Jean Luc Mélenchon, voyant l’horizon de la Gauche se dégager à pas comptés, reste droit dans ses bottes en déclarant humblement : «  LFI battra dans les urnes, le Rassemblement National !  » 
Le Pouvoir politique opère des morales et des magies, celles de se nourrir de ses infamies ! »
O.H Presse-toi à Gauche