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Tesla : Appel à une campagne internationale antifasciste

Joe Allen et Bill V. Mullen lancent cet appel pour renforcer le soutien à la campagne antifasciste internationale dirigée contre Tesla et son propriétaire milliardaire, pro-Trump et néonazi, Elon Musk. 

Au cours des dernières semaines, Tesla est devenu la cible d’une campagne de plus en plus importante, organisée en grande partie par les médias sociaux à travers les États-Unis. Rien que le week-end dernier, a rapporté CNN, des manifestant·es se sont rassemblé·es samedi devant plus de 50 salles d’exposition Tesla à travers les États-Unis :

Des manifestants se sont rassemblés samedi dans plus de 50 salles d’exposition Tesla à travers les États-Unis pour protester contre le rôle du PDG Elon Musk dans la réduction des agences gouvernementales dans le cadre du soi-disant Département de l’efficacité gouvernementale mis en place par le président Donald Trump.

Il s’agit probablement d’un sous-dénombrement. Si vous suivez uniquement les médias grand public, vous passerez à côté de certaines manifestations. Nos manifestations à Chicago n’ont fait l’objet d’aucune couverture médiatique, et les manifestations dans les banlieues ont été très peu couvertes. Bien que de nombreuses manifestations aient été organisées par les Indivisibles, un groupe national de démocrates libéraux et progressistes, la vague de protestations dans les salles d’exposition Tesla dépasse largement le cadre d’une seule organisation.

Musk est méprisé par des millions de personnes dans le monde entier. Homme le plus riche du monde et nazi le plus connu, Musk personnifie tout ce qui ne va pas dans le monde d’aujourd’hui. La dénonciation de Tesla est un développement positif dans la lutte contre le régime de Trump et le fascisme aux États-Unis. Henry Ford vient à l’esprit comme le dernier grand industriel de l’automobile qui a été identifié étroitement avec le fascisme. À bien des égards, Ford a propulsé l’antisémitisme politique dans le courant dominant de la société américaine par le biais de son journal, le Dearborn Independent. Mais Ford était du mauvais côté du New Deal et des préparatifs de la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui, selon Harold Meyerson :

Elon Musk, qui n’a aucun scrupule à voir les néonazis régner sur l’Allemagne. Sans avoir été sollicité, Musk a tweeté (X-ed ?) sa participation aux élections législatives allemandes, qui se tiendront le mois prochain, en commençant par affirmer que « seule l’AfD peut sauver l’Allemagne ». L’Alternative pour l’Allemagne est un parti d’extrême droite, farouchement anti-immigrés·e et raciste, qui s’est renforcé depuis sa création il y a une douzaine d’années, en particulier dans les États économiquement sinistrés qui faisaient autrefois partie de l’Allemagne de l’Est. Musk a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un parti néo-nazi, mais un certain nombre de néo-nazis autoproclamés et de négationnistes ont fait partie de la direction du parti, tandis que le gouvernement allemand le considère comme une menace potentiellement violente pour la sécurité de l’Allemagne.

Pourtant, contrairement à Ford, Musk a atteint un pouvoir politique qui aurait été inimaginable il y a quelques années.

Musk est toutefois vulnérable. Ses interventions dans la politique européenne ont fait chuter les ventes de voitures. Les actions de Tesla ont considérablement baissé. D’importants fonds de pension ont renoncé à détenir des actions Tesla et des personnalités ont vendu leurs voitures. Les différents modèles de Tesla sont passés d’une image de sauveur de l’environnement à celle de véhicule nazi, comme la Volkswagen dans les années 1930.

Comme Henry Ford, Elon Musk est un opposant fanatique aux syndicats sur ses lieux de travail, de la Californie à la Suède en passant par Berlin. Nous considérons les travailleurs et les travailleuses de Tesla comme nos allié·es. Celles et ceux de Ford ont été les dernier·es des trois grands constructeurs automobiles américains à être syndiqué·es par l’United Auto Workers (UAW) en 1941, à la suite d’une grève acharnée à la veille de l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. Le pouvoir politique de Musk ne pourra finalement être réduit que si les travailleurs et les travailleuses de ses usines de voitures et de batteries sont syndiqué·es.

Il y a encore beaucoup à faire aux États-Unis pour combattre Elon Musk, mais il reste encore beaucoup à faire au niveau international. Le démontage de Tesla est une occasion rare pour les antifascistes, les militant es du changement climatique et les partisan·es des syndicats et des droits démocratiques du monde entier de se rassembler autour d’un même objectif. Nous devons tirer le meilleur parti de cette opportunité dès maintenant. Organisez ou rejoignez des manifestations dans les points de vente Tesla de votre pays. Notre unité internationale fera la différence.

Joe Allen et Bill V. Mullen